đšđ§ Trump sort sa Gold
Le prĂ©sident prĂ©sente sa âTrump Gold Cardâ, le statut de rĂ©sident express⊠pour 1 million de dollars ! Une rĂ©volution migratoire taillĂ©e pour les ultra-riches.
Hi everyone, dans Zeitgeist aujourdâhui, Donald Trump repart en campagne, je vous raconte sa premiĂšre rĂ©union publique depuis des mois, entre insultes, improvisations et digressions identitaires, au moment oĂč son propre camp sâinquiĂšte de lâĂ©conomie et du coĂ»t de la vie. Il contredit les messages prĂ©parĂ©s par ses conseillers comâ, insulte les rĂ©fugiĂ©s venus de pays pauvres ("Pourquoi est-ce quâon ne prend que des gens de pays de merde, hein ?â), sermonne les parents Ă quelques jours de NoĂ«l pour quâils offrent moins de poupĂ©es Ă leurs enfants, se vante de faire âmieux que Lincoln, mieux que Washingtonâ et traite Biden de âfils de puteâ.
Dans le Food for Thought, un essai qui dérange : et si la pensée néoconservatrice, honnie depuis la guerre en Irak, offrait une clé pour dépasser le trumpisme ?
Trump offre lâentrĂ©e gratuite dans les parcs nationaux le jour de⊠son anniversaire.
Et puis je vous raconte la meilleure opĂ©ration marketing imaginĂ©e par un petit studio hollywoodien habituĂ© des Oscars, pour un film dont on va beaucoup parler dans les prochains mois. Câest dans les pages fiançailles du Boston Globe.
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Dâabord, regardez le, le prĂ©sident Trump semblait ravi il y a quelques heures dans le bureau ovale de prĂ©senter ce qui ressemble Ă la premiĂšre carte de privilĂšges de lâhistoire amĂ©ricaine.
Elle sâappelle la âTrump Gold Cardâ, elle est dorĂ©e (oui, vraiment) et elle ouvre une voie express vers la rĂ©sidence permanente pour quiconque est prĂȘt Ă verser⊠1 million de dollars au gouvernement fĂ©dĂ©ral.
Officiellement, câest un âcadeauâ fait Ă lâAmĂ©rique. Dans les faits, câest une rĂ©volution. Pour la premiĂšre fois, obtenir un statut dâimmigrant lĂ©gal ne dĂ©pend plus seulement du talent, du diplĂŽme, des circonstances familiales ou du dossier, mais dâun chĂšque Ă sept chiffres.
Le fonctionnement est simple. 15 000 dollars de frais de dossier (non remboursables), une vĂ©rification par le DĂ©partement de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure, puis, pour ĂȘtre approuvĂ© un âcadeauâ de 1 million de dollars, prĂ©sentĂ© comme une preuve que le candidat âbĂ©nĂ©ficie de façon substantielle aux Ătats Unisâ.
Le gĂ©nĂ©reux candidat obtient rapidement le statut de rĂ©sident et donc ce que les AmĂ©ricains appellent le âchemin vers la citoyennetĂ©â
Les entreprises peuvent aussi acheter une âcorporate Gold Cardâ pour 2 millions de dollars par employĂ© sponsorisĂ©.
Il sâen est vantĂ© il y a quelques heures dans une rĂ©union de cabinet :
âNous pensons quâil sâagit de personnes formidables qui ne peuvent pas rester. Ils obtiennent leur diplĂŽme Ă lâuniversitĂ©, puis doivent repartir en Inde, en Chine ou en France, dâoĂč quâils viennent⊠TrĂšs difficile de rester. Câest une honte. Câest ridicule, nous nous en occupons. Les entreprises seront trĂšs contentes et je sais quâApple sera content.â
Trump se fĂ©licite de pouvoir lever âun montant incroyableâ et promet que cela âfera entrer des milliardsâ.
LâidĂ©e viendrait du secrĂ©taire au Commerce (mais aussi vieil ami et compagnon de golf) Howard Lutnick, qui travaille Ă©galement sur une future âPlatinum Cardâ Ă 5 millions de dollars, permettant de vivre 270 jours par an aux Ătats-Unis sans payer dâimpĂŽts sur les revenus Ă©trangers.
DerriĂšre lâemballage dorĂ©, le message politique est clair. Il veut privilĂ©gier les riches, restreindre tous les autres. Ces derniĂšres semaines, lâadministration a gelĂ© les dossiers dâimmigration des 19 pays , suspendu les dĂ©cisions dâasile et annoncĂ© un examen rĂ©troactif de 50 000 dossiers approuvĂ©s sous Biden. En parallĂšle, certains visas sont renchĂ©ris de 100 000 dollars.
âCâest un fils de pute endormiâ
Mardi soir, Donald Trump est reparti en campagne.
Officiellement, il sâagissait dâun discours prĂ©sidentiel sur le pouvoir dâachat, le premier dâune sĂ©rie dans les prochains mois avant les Ă©lections de mi-mandat en novembre.
Dans les faits, câĂ©tait bien Ă un meeting de campagne.
Comme le disait la reporter de Fox News dans la salle.
âLa musique, lâatmosphĂšre, tout donne lâimpression de revivre 2024, et câest clairement fait exprĂšs.â
Une reunion publique comme il nâen a plus fait depuis plus de 6 mois, et seulement une poignĂ©e depuis sa réélection. Dans un secteur minier de lâĂtat clĂ© de Pennsylvanie oĂč il a forgĂ© ses deux victoires en 2016 et 2024. Avec la musique habituelle de ses entrĂ©es en scĂšne en campagne, âGod Bless the USAâ de Lee Greenwood. DĂšs les premiĂšres notes, sous les cris de âUSA ! USA !â, le prĂ©sident redevient le candidat, retrouve instantanĂ©ment son mode campagne. 90 minutes de quasi-improvisation (âJe nâai pratiquement rien lu sur ce stupide prompteurâ, sâest-il vantĂ© au bout dâune heure de discours). Des insultes lancĂ©es comme des confettis.
Il a racontĂ© devant ses partisans que câest son Ă©quipe qui lui a implorĂ© de reprendre ses habits de candidat (âIls ont dit : âMonsieur, accepteriez-vous de reprendre la route de campagne ?ââ).
Ses proches lâont peut-ĂȘtre regrettĂ©, tant cette rĂ©union publique Ă©tait dĂ©concertante⊠et peut-ĂȘtre contreproductive.
Je vous raconte.
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