Zeitgeist

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🟹🟧 Trump en eaux troubles

Une eau verdñtre, une peinture qui pùle, un canard mort et des accusations de sabotage. À Washington, le grand bassin repeint par Trump vire au feuilleton politique.

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Philippe Corbé
juin 22, 2026
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Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais aussi vous emmener Ă  New York, dans la 12e circonscription, au cƓur de Manhattan, oĂč le petit-fils de JFK tente de transformer le nom Kennedy, son immense notoriĂ©tĂ© en ligne et ses vidĂ©os bizarres en pouvoir Ă©lectoral. Il espĂšre gagner demain la primaire locale qui lui garantirait un siĂšge en or au CongrĂšs.

Je vous raconterai ensuite l’enquĂȘte stupĂ©fiante du Washington Post sur Tulsi Gabbard, qui vient de quitter son poste de directrice nationale du renseignement auprĂšs du prĂ©sident Trump. Des centaines de mĂ©mos confidentiels suggĂšrent qu’une partie de sa carriĂšre politique aurait pu ĂȘtre Ă©crite, corrigĂ©e et orientĂ©e par un rĂ©seau religieux opaque autour de son gourou.

Et puis Coca-Cola face au fisc amĂ©ricain. L’IRS rĂ©clame plus de 20 milliards de dollars au gĂ©ant du soda dans une affaire qui dĂ©passe largement les bulles et les canettes. La vraie question, c’est de savoir oĂč les multinationales crĂ©ent de la valeur : dans les produits ou dans la marque. D’autres gĂ©ants craignent une jurisprudence qui bouleverserait leur modĂšle de rentabilitĂ©.

Alors que le vice-prĂ©sident est en Suisse pour transformer la pause de 60 jours dans la guerre avec l’Iran en accord de paix durable, Donald Trump a relancĂ© ses menaces contre TĂ©hĂ©ran, dans une interview tĂ©lĂ©phonique avec le correspondant de Fox News en IsraĂ«l.

Il se vante de pouvoir faire “ce que je veux” une fois Ă©coulĂ©e la pĂ©riode de 60 jours, et il met en garde le prĂ©sident iranien Masoud Pezeshkian, qui insiste pour que TĂ©hĂ©ran conserve son droit Ă  enrichir de l’uranium, en lui demandant de “surveiller sa bouche”, bref, de faire attention Ă  ce qu’il dit. Et sur le dĂ©troit d’Ormuz :

“Vous le fermez et vous n’aurez plus de pays. Vous ne retournerez mĂȘme pas dans votre putain de pays.”

Et le président attaque la couverture par le New York Times de la guerre en Iran.

Il crie à la “TRAHISON”. Il menace le journal d’un “procùs de plusieurs milliards de dollars” et qualifie ses journalistes de “criminels”.

Ce qui le met en colĂšre, c’est un article titrĂ© “Qu’est-ce qui a changĂ© aprĂšs prĂšs de quatre mois de guerre ? Selon les analystes, pas grand-chose.”

L’auteur, Neil MacFarquhar, ne fait pourtant que rappeler quelques Ă©vidences.

Les principales menaces n’ont pas disparu. Le programme nuclĂ©aire iranien a Ă©tĂ© lourdement endommagĂ© mais pas Ă©liminĂ©. La question des missiles balistiques n’est pas traitĂ©e. Le rĂ©gime a survĂ©cu malgrĂ© la mort d’Ali Khamenei. Les proxies restent actifs. On y lit que les États-Unis cherchent Ă  Ă©viter l’escalade aprĂšs avoir compris que Washington a “mordu plus qu’il ne pouvait mĂącher” (en français, on dirait que Trump a eu les yeux plus gros que le ventre).

TĂ©hĂ©ran, malgrĂ© les milliers de civils tuĂ©s, des infrastructures dĂ©truites et une Ă©conomie sous pression, peut revendiquer une forme de victoire, aprĂšs avoir rĂ©sistĂ©, ripostĂ©, et dĂ©couvert son levier sur le dĂ©troit d’Ormuz. IsraĂ«l ressort affaibli, avec un “effondrement de toute sa stratĂ©gie” contre l’Iran. Les pays du Golfe, frappĂ©s par la fermeture du dĂ©troit et les attaques contre leurs infrastructures, doutent davantage du parapluie amĂ©ricain.

On en est donc Ă  peu prĂšs au mĂȘme point sur le dossier iranien.

Je vais donc pouvoir faire un pas de cĂŽtĂ© pour vous parler d’un sujet qui occupe beaucoup les mĂ©dias amĂ©ricains ces derniers jours.

“Media obsession”, “obsession pathologique”, “hystĂ©rie” dĂ©nonce Fox News
 qui y consacre pourtant une large part de son antenne.

J’ai rĂ©sistĂ© depuis des semaines Ă  la tentation de vous raconter la saga du Reflecting Pool, ce long miroir d’eau entre l’obĂ©lisque du Washington Monument et le Lincoln Memorial, le bassin devant lequel Martin Luther King a prononcĂ© son discours “I Have a Dream”, lĂ  oĂč les AmĂ©ricains viennent regarder leur histoire se rĂ©flĂ©chir dans l’eau.

C’est devenu ces derniùres semaines l’un des spectacles les plus absurdes de la capitale.

J’ai hĂ©sitĂ©, car cette histoire me semblait au dĂ©part anecdotique, mais je m’y rĂ©sous aujourd’hui car ce feuilleton est rĂ©vĂ©lateur de la maniĂšre dont Trump capte notre attention et met en scĂšne des confrontations. Et parce que cette histoire occupe beaucoup le prĂ©sident ces derniĂšres semaines.

Laissez-moi vous raconter pourquoi.

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