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🟹🟧 "MR. NICE GUY" a peur

DerriĂšre la posture martiale du prĂ©sident, la guerre s’enlise, les marchĂ©s tremblent, et le chef de guerre Trump est rattrapĂ© par la peur.

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Philippe Corbé
avr. 20, 2026
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Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais vous raconter les rĂ©vĂ©lations d’une enquĂȘte du Wall Street Journal qui dĂ©crit un prĂ©sident hĂ©sitant, inquiet, obsĂ©dĂ© par le spectre d’un Ă©chec au Moyen-Orient. “MR. NICE GUY”, comme il se surnomme dĂ©sormais, veut Ă  tout prix conclure un accord avec l’Iran. Il menace parce qu’il doute. Il improvise, se disperse, cherche Ă  tout prix une porte de sortie pour ne pas voir sa prĂ©sidence sombrer.

Dans ce climat de tension, mĂȘme le cƓur de l’État vacille. Le directeur du FBI Kash Patel va sur Fox pour plaider sa cause auprĂšs du prĂ©sident, devant son poste. PrĂȘt Ă  tout pour sauver sa peau, malgrĂ© ses multiples absences alcoolisĂ©es qui mettent en danger la sĂ©curitĂ© nationale. Il incarne une administration sous pression, qui craint de perdre le contrĂŽle.

Un vieil ami (devenu ennemi) du prĂ©sident dĂ©crypte un Trump “indisciplinĂ©, immature et narcissique”, mais dangereux prĂ©cisĂ©ment parce qu’il n’est pas “stupide”. Et il Ă©trille des dĂ©mocrates incapables de proposer une alternative claire.

Dans Zeitgeist, je vais aussi vous raconter pourquoi le hamburger devient un produit de luxe, symbole d’une inflation durable qui pĂšse sur les classes moyennes et pourrait marquer les Ă©lections de 2026.

Et un basculement culturel. Pourquoi les ultra-riches ne veulent plus s’excuser. Une nouvelle Ăšre oĂč la richesse se montre, s’assume, et se met en scĂšne.

Je vous prie de m’excuser d’utiliser ce clichĂ© journalistique, mais ce matin, nous sommes bien Ă  un moment charniĂšre de cette guerre.

Le prĂ©sident Trump avait annoncĂ© qu’elle durerait 4 Ă  6 semaines.

Elle vient d’entrer dans sa huitiùme semaine.

Le vice-président Vance, le gendre du président Kushner et son représentant spécial Witkoff sont sur le chemin du Pakistan pour une nouvelle série de négociations.

Téhéran envoie des signaux contradictoires, laissant planer le doute sur sa participation.

Comme l’écrit sur X Ben Rhodes, l’ancien adjoint au conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale du prĂ©sident Obama, “La combinaison de l’incohĂ©rence de Trump, de la belligĂ©rance de Netanyahu et de la primautĂ© du Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique dans la politique iranienne n’est pas la meilleure recette pour une dĂ©sescalade.”

Tout se joue autour du dĂ©troit d’Ormuz, oĂč la tension est brutalement remontĂ©e ce week-end.

Les États-Unis viennent de franchir un nouveau seuil. Les images faisaient la une des journaux tĂ©lĂ©visĂ©s ce dimanche soir sur les chaĂźnes amĂ©ricaines.

Un destroyer a tirĂ© sur un cargo battant pavillon iranien qui tentait de contourner le blocus naval imposĂ© par Washington. AprĂšs plusieurs heures d’avertissements, le navire a Ă©tĂ© immobilisĂ©, puis pris par des Marines amĂ©ricains. C’est la premiĂšre fois depuis le dĂ©but du blocus qu’une opĂ©ration de ce type est menĂ©e par la force.

Avant cela, l’Iran avait tirĂ© sur des navires commerciaux dans la zone, pour rĂ©affirmer son contrĂŽle sur le dĂ©troit, qui avait Ă©tĂ© briĂšvement rouvert quelques jours plus tĂŽt. Ce matin, le trafic est Ă  nouveau paralysĂ©, la situation devient de plus en plus explosive, Ă  deux jours de l’expiration du cessez-le-feu.

Et le prĂ©sident amĂ©ricain l’a dit clairement Ă  un journaliste d’ABC qui a rĂ©ussi Ă  le joindre par tĂ©lĂ©phone. Soit un accord est trouvĂ©, soit les frappes reprendront. Lui croit toujours qu’il peut obtenir un accord de paix :

“Ça va arriver. D’une maniùre ou d’une autre. De la maniùre douce ou de la maniùre dure. Ça va arriver.”

La guerre devient de plus en plus impopulaire. Plus de deux tiers des Américains désapprouvent la gestion du président de cette guerre, selon un sondage commandé par NBC.

L’optimisme de Wall Street dont je vous parlais dans les derniers numĂ©ros de Zeitgeist s’émousse, avec le prix du pĂ©trole qui repart Ă  la hausse.

Le secrĂ©taire Ă  l’Énergie Chris Wright a dĂ» reconnaĂźtre sur CNN que les AmĂ©ricains risquent de ne pas revoir de sitĂŽt les 3 dollars le gallon d’avant-guerre.

“CNN : Selon vous, quand est-il rĂ©aliste pour les AmĂ©ricains d’espĂ©rer que l’essence repasse sous les 3 dollars le gallon ? »

Wright : “Je ne sais pas, cela pourrait arriver plus tard cette annĂ©e. Cela pourrait ne pas arriver avant l’annĂ©e prochaine.”

C’est Ă  dire aprĂšs les Ă©lections de mi-mandat dĂ©but novembre.

Les prochains jours vont ĂȘtre dĂ©cisifs.

Si les nĂ©gociations Ă©chouent, ou si elles n’ont mĂȘme pas lieu, le cessez-le-feu pourrait voler en Ă©clats.

Et la guerre reprendre.

Le message prĂ©sidentiel envoyĂ© Ă  l’aube ce dimanche matin donnait le ton.

“Nous proposons un ACCORD trĂšs juste et raisonnable, et j’espĂšre qu’ils l’accepteront parce que, sinon, les États-Unis vont dĂ©truire chacune des centrales Ă©lectriques et chacun des ponts en Iran. FINI MR. NICE GUY ! ! Ils cĂ©deront vite, ils cĂ©deront facilement et, s’ils n’acceptent pas l’ACCORD, ce sera un honneur pour moi de faire ce qui doit ĂȘtre fait, ce qui aurait dĂ» ĂȘtre fait Ă  l’Iran par d’autres prĂ©sidents depuis 47 ans. IL EST TEMPS DE METTRE FIN À LA MACHINE À TUER IRANIENNE ! PrĂ©sident DONALD J. TRUMP”

J’ai dĂ©couvert ces derniers messages menaçants de “MR. NICE GUY”, Monsieur Gentil, aprĂšs avoir lu une enquĂȘte informĂ©e et inquiĂ©tante du Wall Street Journal, qui permet de mieux comprendre ce que fait Donald Trump.

Elle est titrĂ©e “DerriĂšre la fanfaronnade publique de Trump sur la guerre, il est aux prises avec ses propres peurs.”

L’enquĂȘte du WSJ rĂ©vĂšle un contraste (un fossĂ© ?) entre l’image publique de fermetĂ© de Trump et ses inquiĂ©tudes en privĂ© Ă  propos de la guerre contre l’Iran.

Pendant que la guerre s’enlise, Donald Trump semble dĂ©jĂ  ailleurs. LassĂ© du conflit, il prĂ©fĂšre parler de son projet de salle de bal Ă  la Maison Blanche, ou plaisanter en suggĂ©rant qu’il pourrait s’attribuer la Medal of Honor, la plus haute dĂ©coration militaire.

Il improvise, au fil de ses intuitions, alors que ses propres conseillers confient en privĂ© qu’il cherche avant tout une porte de sortie. Au point, selon plusieurs tĂ©moignages recueillis par le WSJ, que les militaires eux-mĂȘmes filtrent l’information qu’ils lui transmettent, jugeant son comportement trop erratique et impatient pour ĂȘtre intĂ©grĂ© en temps rĂ©el aux dĂ©cisions les plus sensibles.

DerriĂšre ses dĂ©clarations martiales et ses menaces spectaculaires, le prĂ©sident est surtout inquiet, obsĂ©dĂ© par le risque d’un Ă©chec humiliant, comme celui qui a condamnĂ© la prĂ©sidence de Jimmy Carter lors de la crise des otages de 1979.

Son style reste toujours le mĂȘme, impulsif et dĂ©routant, entre escalade verbale extrĂȘme et volontĂ© de nĂ©gocier. Il va jusqu’à adopter volontairement un ton en apparence instable pour faire pression sur l’Iran. Mais ce que dĂ©taille cette enquĂȘte du Wall Street Journal, Ă  ne pas rater, c’est que cette stratĂ©gie de “MR. NICE GUY” masque une rĂ©elle peur.

Je vous raconte.

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